L’histoire retient que de fortes personnalités ont façonné le destin de la marque Nike. Parmi elles, figurent les fondateurs Philip Knight et Bill Bowerman, le premier employé Jeff Johnson, la graphiste Carolyn Davidson et la légende du basketball américain Michaël Jordan. Dans les lignes qui suivent, nous vous dévoilons la petite histoire de la marque, en rapport avec elles.

De l’idée à l’entreprise, il a fallu compréhension et soutien

Alors qu’il pratiquait l’athlétisme sous l’œil vigilant de Bill Bowerman son entraineur, Philip Knight a senti en 1962 le besoin de porter des chaussures de sport plus confortables et plus accessibles que l’offre américaine du moment. En en discutant avec d’autres athlètes, il a vite compris que le besoin était largement partagé. Il a alors eu l’idée d’importer du Japon les solides chaussures proposées par Onitsuka Tiger ; il a solitairement noué une relation de distribution avec cette entreprise et reçu son premier lot de chaussures en janvier 1964. Dans un premier temps, Philip Knight vendait lui-même ses chaussures chargées dans le coffre de sa voiture. Mais, pour écouler plus rapidement ses marchandises, il fit recours à son entraîneur d’athlétisme qui comprit et accepta la démarche. Et très vite, les chaussures furent entièrement vendues 5 dollars la pièce.

Philip Knight
Philip Knight eut l’idée de créer une entreprise de distribution des chaussures signées Onitsuka Tiger (aujourd’hui ASICS). Il bénéficiera du précieux coup de main de son entraineur Bill Bowerman pour lancer Blue Ribbon Sports qui deviendra Nike en 1978.

Pour aller plus loin, il fallait rassurer Onitsuka Tiger en créant officiellement une structure de distribution. Mais Knight n’en avait pas les moyens. Heureusement, l’entraîneur fut gagné par cette première expérience et il accepta autour d’un repas de co-fonder avec Knight une entreprise de distribution. L’accord fut scellé par une chaude poignée de mains. Joignant l’acte à la parole, Bowerman a déboursé une première participation de plusieurs centaines de dollars, comme son associé. Ainsi est né le 25 janvier 1964 Blue Ribbon Sports (BRS) avec 1200 dollars en banque. Avant d’en arriver à l’entrepreneuriat, Knight fut en quête d’emploi comme bien de diplômés. Et au cours d’un entretien d’embauche, il sortit malencontreusement une chaussette de sport au lieu d’un mouchoir ! 

Du logo à la raison sociale Nike, l’écoute et la vision furent de mise

C’est en 1971 que Carolyn Davidson, alors étudiante en graphisme, fut sollicitée par son professeur de comptabilité Phil Knight pour confectionner le logo de son entreprise BRS. Après 17 heures 30 minutes de travail, elle lui proposa plusieurs logos au choix. Bien que pas très convaincu du résultat, l’entrepreneur opta pour la virgule inversée surnommée « la Swoosh ». Il ne put que s’en contenter en raison de ses resssources financières limitées. A cette époque, Davidson reçut 2 dollars par heure travaillée soit 35 dollars en tout pour le logo. Aussi bien elle que Knight étaient loin de s’imaginer le succès qu’allait rencontrer ledit logo. En 1983, Nike la rémunèrera plus justement en lui octroyant 500 actions de l’entreprise et un bijou en or à l’effigie du logo et serti de diamants.

Après le logo, Knight entreprit de renommer BRS. Un premier nom, « Dimension 6 » lui vint à l’esprit. Il en parla à son entourage mais son premier employé Jeff Johnson l’en dissuada. Pour convaincre son patron, il s’inspira du logo déjà adopté qu’il assimila à une aile mythique. Johnson proposa la dénomination Nike, en référence à Niké, la déesse ailée de la victoire. Selon la mythologie grecque, cette dernière se déplace très rapidement au moyen de ses ailes et symbolise la vitesse dans le mouvement et dans l’action. Cette vision plut à Knight et la marque Nike vit le jour en 1978, en remplacement de BRS.

La petite histoire des chaussures Waffle portant le logo ailé

Dans sa quête permanente d’amélioration de l’expérience utilisateur, la marque testera de nouvelles semelles. Bill Bowerman fit fondre du latex dans un moule à gauffre. Il résultera de cette expérience le lancement de la chaussure d’athlétisme Waffle en 1973. Ce modèle à succès est particulièrement confortable. Elle possède un amorti en mousse sur toute sa semelle en gaufre. Cette capacité à amortir les chocs fit la différence avec les chaussures des marques concurrentes de l’époque. Les ventes de l’entreprise firent un boom. Surfant sur cette réussite, la marque lança toute une série de modèles similaires.    

Nike à l’ère Michaël Jordan, icône mondial du basketball

Nike est devenue une marque populaire parce qu’elle a su s’afficher au cours des grands rendez-vous, notamment dans le sport, en signant des contrats de sponsoring avec des grands noms du tennis tels que Mc Enroe et le Roumain Ilie Nastase. Le chiffre d’affaires de Nike a atteint des sommets jusqu’en 1980. Les trois années qui suivirent, furent dures pour l’enseigne. Mais en 1984, elle trouva l’égérie parfaite en la personne de Michaël Jordan.

Jordan dans la petite histoire de la marque Nike
Pour la petite histoire de la marque Nike, Michaël Jordan envisageait plutôt signer avec Converse et se montra réticent à porter la première chaussure Nike Air, jugée laide. Il a été convaincu par ses parents de le faire. Il ne s’imaginait pas le succès qui l’attendait.

Courant 1984, Jordan envisagea signer avec Converse. Mais Sonny Vacaro, un commercial indépendant travaillant à cette époque pour Nike, montra à Phil Knight le potentiel du jeune joueur évoluant nouvellement dans les rangs des « Bulls » de Chicago. Au terme des négociations qui s’ouvrirent avec David Falk l’agent du joueur, Jordan signa un mirobolant contrat de 2,5 millions de dollars avec, à la clé, les mêmes avantages que les joueurs de tennis sponsorisés par la marque ainsi qu’une ligne de vêtements dédiée et assortie de royalties sur les ventes. Le contrat fut très juteux pour Nike qui devint le numéro 1 mondial des ventes de chaussures de sports, loin devant ses concurrents.

Le sponsoring de Jordan ne fut pas un fleuve tranquille pour Nike qui sut toutefois prendre les bons risques. Par exemple, en février 1985, la NBA notifia à Nike l’interdiction de la Air Jordan, une chaussure de la marque que « His Airness » porta pour la première fois en octobre 1984 à l’entraînement puis au cours d’un match disputé contre les Knicks de New-York. Jugeant impertinent le motif (coloris non conformes) de cette interdiction, Nike prit la judicieuse décision de ne pas s’y plier et de payer l’amende de 5000 dollars infligé à Jordan pour chacune de ses apparitions en NBA avec cette chaussure.

Pour aller plus loin : notre guide sur les claquettes Nike.